Et si l’Europe était une chance ?

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Véritable épouvantail de nos propres échecs, le discours anti européen est l’illustration parfaite de cette absence de courage politique à mettre en œuvre les grandes réformes structurelles dont notre pays a besoin. L’Europe est devenue le nouveau souffre-douleur idéologique de la vie politique française.

« Mais il faut être aveugle pour ne pas le voir : l’euro dote le continent européen de ce qui jusqu’à maintenant lui a fait cruellement défaut pour pouvoir être à la hauteur de la puissance américaine, à savoir une monnaie unique. Qui ne voit que l’intégration monétaire européenne est en réalité la meilleure réponse que l’Europe puisse apporter au processus de globalisation ? Quelle contradiction de se dresser contre la puissance américaine, et de refuser à l’Europe le moyen de faire jeux égale avec elle ! ».

Edmond Alphandery : La Reforme Obligée, Sous le soleil de l'Euro paru en février 2000

Voici un passage éloquent et toujours d’actualité ou l’ancien ministre de l’économie d’Edouard Balladur met les euro-sceptiques face à leurs contradictions: Comment dans un monde de plus en plus globalisé où émergent des états continents (Chine, USA…), la réponse française serait de se recroqueviller dans notre pré carré.

Déficit budgétaire maitrisé

Un déficit budgétaire maitrisé, une dette contrôlée, une inflation stable…Ces mesures qui semblent de bon sens, sont devenues pour les eurosceptiques les symboles d’un « carcan » européen. Cela démontre surtout une hostilité idéologique en dépit du bon sens économique, et d’ailleurs ce n’est pas un hasard si l’on retrouve dans ce « courant de pensée » les populistes de droite et de gauche, chérissant chacun un état Providence totalement obsolète et en faillite.

Le bouc émissaire parfait

Chaque élection, notamment présidentielle, est devenue une course à l’échalote du discours le plus euro sceptique, on en arrive même le plus sérieusement du monde à parler d’une sortie de la France de l’Union Européenne, un Brexit version française : un « Frexit ». On atteint des sommets dans la démagogie.

Mais une Europe imparfaite

Bien évidemment l’Europe n’est pas exempte de tout reproche, loin de là, les élargissements successifs ont ébranlé la cohérence et l’homogénéité que voulaient les pères fondateurs. Cette hétérogénéité, donne l’impression, souvent réelle, que l’Europe n’a plus d’ambition politique, qu’elle n’est plus qu’un vaste marché économique, et qu’elle est faite pour les délocalisations et le dumping social et fiscal.

Ceci est, malheureusement, en partie vrai. Autrefois les élargissements, correspondaient bien sûr à une volonté d’intégration à un marché économique, mais avec toujours en filigrane une dimension politique, celle d’une adhésion aux valeurs européennes et à la première d’entre elle, la solidarité et le sentiment d’intégrer une grande « famille ».

Aujourd’hui l’Europe ressemble de plus en plus à une vaste zone de libre-échange, à l’image de l’ALENA (2) nord-américaine, cette union regroupant les USA , le Canada et le Mexique, basée sur une vision purement économique, une conception ricardienne des échanges, celles des avantages comparatifs (3), bien évidemment sans aucune volonté politique, et de cohérence fiscale et sociale.

Cette conception Anglo saxonne de l’Europe nous n’en voulons pas !

Sans aller dans le procès facile de l’Europe technocratique, mais force est de constater que l’Europe s’est perdue dans la bureaucratie et les réglementations tatillonnes. Les directives européennes sur la courbure du concombre, la taille des escabeaux, le débit des chasses d’eau (4)…Peuvent paraitre anecdotiques, elles n’en sont pas moins symptomatiques d’une Europe incapable de proposer de grands projets ambitieux et fédérateurs : une politique industrielle commune, une harmonisation fiscale et sociale, une armée commune , une politique de préférence européenne (sur l’armement…), une stratégie numérique … Ce sont ces grands projets dont les nations européennes ont besoin et qui redonneront une appétence pour l’Europe.

« Rien n’est possible sans les hommes, rien n’est durable sans les institutions ».

Jean Monnet

Et bien nous souhaitons que les institutions Européennes redeviennent le fer de lance d’une construction économique , politique et fiscale, et permettre ainsi de redonner un espoir et une vision commune aux peuples européens.

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